À ma douce, je t'aimais comme un fou.
Tu étais toujours dans ma tête, c'était obsessionnel. Mais si l'obsession pouvait chaque fois être belle comme tu me la rendais, nous n'en serions pas là où nous sommes. Ma folie se ranima malgré ce que tu m'apportais. Nos bonheurs n'étaient rien de moins qu'éphémères, montés sur la base trop abstraite de notre amour. Tu n'as su que retarder ce qui devait arriver, ce que personne n'aurait pu empêcher. Ce que personne n'aurait pu comprendre. Ce que personne, de toute façon, n'aurait voulu entendre. Si je pris cette décision, ce n'était pas pour t'abandonner lâchement dans un univers malheureux. Contrairement à ce qui en paraît, c'était pour te sauver. Je n'ai jamais mérité la femme que tu es, toi qui, à mon opposé, a su se construire une vraie vie sur deux pieds solides. Si je restais à tes côtés, c'était comme si, au fil du temps et à bout d'énergie, je frappais pour briser ce qui te soutient si fortement. Inconsciemment, je drainais ton âme pour raviver la mienne. Tu n'en voyais pourtant rien, tu étais aveuglée dans tout cet artificiel. Le c½ur a ses raisons que la raison elle-même ne connaît pas. Puis, je réalisai que mon amour pour toi était démesurément plus grand que celui que j'avais pour moi. Je ne pouvais alors continuer à te tuer parce que j'en serais mort. La seule solution, je l'ai ½uvrée. Ma mort sauvera ta vie. Oublie-moi à jamais. Ne pleure même pas. J'ai tout pleurer ce qu'il y avait à pleurer pour nous deux, j'ai vainement tenté de l'y noyer mais ce n'est que dans mon sang qu'une aussi profonde tristesse se noie. Ces bonheurs éphémères ne pouvaient nous suivre; fabrique les tiens pour qu'ils ne se fracassent pas. Invente l'éternel. Accompli l'irréel. Tout comme tu en
rêvais.
(Silverrose)